Les élections passées, la lutte des classes continue

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Emmanuel Macron a largement emporté l’élection présidentielle française.

L’importance des abstentions et le nombre élevé des votes blancs et nuls ont cependant montré qu’une partie importante de l’électorat, notamment dans les quartiers populaires, a refusé le choix entre la millionnaire d’extrême droite et le larbin des banquiers.

Ce n’est pas parce que Le Pen n’a pas été élue que le danger que représente l’extrême-droite a disparu, et il n’y a aucune raison d’être soulagé. Car la politique anti-ouvrière des prochains gouvernements fera encore monter le chômage et la misère qui alimentent le vote Le Pen.

La classe capitaliste va continuer à vouloir maintenir ses profits au détriment du monde du travail. Dans le contexte de la crise d’un système capitaliste arrivé au bout du rouleau, intensifier l’exploitation, c’est la seule manière pour la classe qui possède les entreprises et les banques de continuer à s’enrichir.

Les licenciements ne vont pas cesser, y compris dans les entreprises qui font des profits, comme BNP Paribas, Whirlpool ou Engie, pour ne citer que ces exemples-là. Et pour les travailleurs qui ont encore un travail, le patronat réserve des rythmes de travail de plus en plus durs, la flexibilité et la précarité à outrance, et pour beaucoup une vieillesse dans la pauvreté.

Avec Macron, la classe capitaliste a un fidèle serviteur à la tête de l’État. Alors qu’il n’était « que » ministre, il a déjà fait ses preuves avec la loi « Macron » qui a étendu le travail du dimanche, et il a inspiré la loi « travail » d’El Khomri qui permet, entre autres, des semaines de travail de 60 heures et des licenciements plus faciles. Une loi que le gouvernement belge s’est empressé de copier avec la « loi du travail faisable » de Kris Peeters.

Voilà comment les capitalistes et les Macron à leur service veulent l’Europe : elle doit être, tout comme les Etats nationaux, l’instrument de leur domination pour leur permettre d’exploiter l’ensemble de la population. C’est cela aussi qui renforce les courants nationalistes qui prospèrent en Europe et prêchent le repli derrière les frontières nationales. Mais les travailleurs ne seraient pas plus protégés de l’exploitation par les patrons, les actionnaires et les banques derrière les frontières nationales qu’ils ne le sont en Europe. La seule protection des travailleurs, c’est leurs luttes collectives. Et moins il y a de frontières, mieux les luttes des travailleurs commencées dans un pays s’étendront à d’autres.

En France comme ailleurs, si les patrons et les gouvernements ne sont pas obligés de reculer devant la mobilisation des travailleurs pour mettre fin au chômage et augmenter les salaires, ce seront les Le Pen de toute sortes qui seront renforcés.

Les partis socialiste et stalinien ont une lourde responsabilité dans la perte de repères politiques et la résignation actuelle des travailleurs. Depuis 1914 pour les partis socialistes, depuis les années 30 pour les partis staliniens qui se disaient communistes, ils ont tourné le dos à la perspective de mettre fin au capitalisme en changeant la société par les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière. Depuis longtemps, ils se sont transformés en gardiens du système capitaliste, prêchant la soumission aux lois de la concurrence et du profit, faisant croire qu’il suffit de « bien voter » et semant les idées nationalistes sur lesquelles les Le Pen de tous les pays peuvent surfer pour tromper les travailleurs et les dresser les uns contre les autres.

Mais il n’y a pas de solution dans le capitalisme pour les exploités de ce système.

Les travailleurs doivent se préparer à défendre leurs intérêts contre la classe patronale qui n’a comme seul but que d’agrandir ses profits quelles qu’en soient les conséquences.

Alors, pour résoudre le problème du chômage, il faut répartir le travail entre tous, sans perte de salaire. Oui, cela coûtera de l’argent aux patrons et aux actionnaires. Mais il n’y a aucune justification humaine à ce que cette minorité d’exploiteurs continuent à priver les travailleurs de leur salaire et à raboter leur pension.

Avec ou sans travail, né ici ou ailleurs, ouvrier ou employé, intérimaire ou CDI, travaillant dans le public ou dans le privé,tous ceux qui n’exploitent personne ont besoin d’un salaire pour vivre, et c’est en ne comptant que sur eux-mêmes, sur leurs propres forces d’organisation et de mobilisation que les travailleurs feront reculer les exploiteurs et les idées qui les servent !