Le Parti socialiste en crise… comme le capitalisme

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C’est la panique au sein du parti socialiste wallon. Le discrédit est tel que, selon les derniers sondages, il risquerait de perdre sa position de premier parti de Wallonie qu’il tient depuis plus d’un demi-siècle… et le PTB se hisserait à la seconde place. Mais on est encore loin des élections et souvent les sondages se trompent !

Les révélations sur le scandale Publifin, des notables PS qui se servent dans les caisses publiques au détriment de la population, des revenus d’un million d’euros par an, alors que le PS impose l’austérité à la majorité de la population, tout cela amènera beaucoup d’électeurs à se détourner du Parti socialiste.

C’est qu’à force de participer à des gouvernements au service de la bourgeoisie, les dirigeants du PS ont fini par se comporter en bourgeois à qui tout est dû, qui ne voient aucun problème à se servir sur les biens publics pour s’en mettre plein les poches, en manifestant un profond mépris pour les travailleurs.

C’est comme cela que fonctionne tout le capitalisme : ceux qui fabriquent tout, qui font tout fonctionner dans la société, qui sont indispensables, sont ceux qui gagnent le moins… et encore quand ils ont un travail. Quant à ceux qui n’ont eu que la difficulté de naître au sein d’une famille capitaliste, ils héritent des capitaux, des entreprises et du droit de ponctionner des milliards de profits sur le dos de la population. Les notables du PS ne sont que leurs larbins bien payés.

Car il n’y a plus que le nom qui peut rappeler ce qui était le but des partis socialistes au 19ème siècle : le socialisme. Ils ne courraient pas vers des postes de ministres au service des bourgeois, non, ils prônaient l’organisation des travailleurs au niveau international et leur prise de conscience de la nécessité du renversement du capitalisme pour bâtir une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme !

Face à cette classe ouvrière organisée, la bourgeoisie fut obligée de céder du terrain. Bien des réformes qui amélioraient la condition ouvrière furent obtenues.

Vers la fin du 19ème siècle, un courant du mouvement socialiste tournait le dos à cette perspective révolutionnaire et se limitait à des réformes dans le cadre du capitalisme.

En 1914, pour se partager les colonies, les bourgeoisies françaises, anglaises et allemandes plongèrent le monde dans un massacre mondial. Ces dirigeants réformistes des Partis socialistes rallièrent leurs bourgeoisies respectives et appelaient les travailleurs à la guerre ! Ils trahissaient les travailleurs en se mettant au service du capitalisme.

Depuis lors, les possédants de ce monde ont toujours pu compter sur les Partis socialistes quand il s’agissait de trahir les travailleurs pour maintenir l’ordre capitaliste.

Ils ont contribué, aux côtés des gouvernements capitalistes, à isoler la révolution ouvrière de 1917 en Russie, à imposer une guerre civile meurtrière, à affamer la population russe soumise au blocus, ce qui amena la dictature de Staline, sur le Parti communiste et toute la population.

Le prix à payer fut une 2ème guerre mondiale pour se partager les colonies. Les capitalistes envoyèrent une nouvelle fois s’entretuer des millions de travailleurs et de paysans.

Avec dix ou vingt années d’embellie en Europe, en partie due à la reconstruction de ce que la guerre avait détruit, et surtout au pillage du tiers monde, une ère de prospérité sembla s’installer. Les Partis socialistes répandirent l’illusion que c’était grâce à eux.

Mais dès les années 70, le capitalisme s’enfonça dans de nouvelles crises. Fermetures d’usines, politiques d’austérité, privatisations des services publics, baisse des salaires… la bourgeoisie intensifia ses attaques contre les travailleurs pour reprendre ce qu’elle avait cédé les décennies précédentes. Et les Partis socialistes, aidés par les appareils syndicaux, participèrent à ces politiques anti-ouvrières, s’ils ne se chargèrent pas eux-mêmes de les mettre en œuvre.

L’illusion propagée par les Partis socialistes qu’il peut y avoir un terrain d’entente avec le patronat, est bafouée par la réalité de la crise. Pour faire face à ce système en faillite qui, malgré toutes les avancées technologiques de ces dernières décennies plonge l’humanité dans la barbarie, il ne suffira pas de bulletins de vote. Il faut lui opposer la perspective qui était celle des premiers socialistes : le renversement du capitalisme !

Ce ne sont pas les députés qui ont le pouvoir, mais ceux qui possèdent les capitaux et les entreprises. C’est pour cela qu’il faudra finir par les exproprier, ce que peuvent faire les travailleurs  organisés et conscients.