Face à l’incurie et au mépris des dirigeants de la société capitaliste, défendons nos intérêts de travailleurs

Download PDF

Depuis des semaines, toute la caste politique essaye de sauver les maigres restes de sa crédibilité suite aux multiples révélations de leurs pratiques de rémunérations, très généreuses quand il s’agit d’eux-mêmes. Et voilà que Louis Michel a lâché l’insulte de trop. En limitant les indemnités des mandataires politiques à 4800 euros, a-t-il dit, « vous obtiendrez un Parlement coupé de la réalité, peuplé de fonctionnaires et d’enseignants […]. Quel entrepreneur acceptera de sacrifier ses week-ends, ses soirées, ses vacances, pour gagner 4 800 euros net par mois ». La « réalité », dit Louis Michel, est que le Parlement est au service des riches !

Aussi qu’est-ce que les travailleurs peuvent attendre de ces politiciens qui vivent avec des dizaines de milliers d’euros par mois, bien loin de la réalité de la majorité de la population ? Rien !

Ce sont pourtant les travailleurs qui font que les trains, bus et métros roulent, les cours donnés et les examens organisés dans les écoles et les malades soignés dans les hôpitaux.

Tous ceux qui gagnent souvent tout juste un quart de ces 4800 euros, font en sorte que les usines tournent, que les rues soient propres, les déchets traités, les bâtiments construits, les routes entretenues, les ménages faits, les récoltes rentrées…

Ce ne sont pas les entrepreneurs qui sont indispensables au fonctionnement de la société, ni les larbins à leur service au Parlement, mais les millions de travailleurs que Louis Michel méprise.

Face aux multiples réactions, Louis Michel a dû s’excuser. Mais le monde du travail n’a aucune raison de se contenter d’excuses qui ne changeront rien, et de mesures cosmétiques.

Oh, ils sont tous là, dans les commissions d’enquête et les séances parlementaires à promettre de limiter les cumuls de mandats, à s’insurger contre leurs collègues qui se sont rempli les poches un peu trop.

Mais est-ce suffisant que les politiciens soient payés un peu moins, si les salaires des travailleurs continuent à diminuer, si on risque à tout moment de devoir se débrouiller avec une allocation de chômage, voire de perdre même celle-ci ?! Est-ce suffisant de limiter les mandats, si les gouvernements continuent les économies dans les soins de santé et tout ce qui est utile à la population ? Les larbins seront un peu moins payés, mais les patrons, les actionnaires, les banques, pour qui ils travaillent continueront à encaisser des milliards sur notre dos !

Ce qu’il faut, c’est que chacun ait un travail qui lui permette de vivre et puis les salaires, les pensions et les allocations doivent augmenter ! L’argent pour le faire existe !

Les centaines de milliers d’euros des Stéphane Moreau ou des Siegfried Bracke ne sont que des pourboires. Les ministres ont distribué des milliards d’euros aux grandes entreprises en pillant les caisses de la sécurité sociale. Ils ont trouvé des milliards pour sauver les banques pourtant responsables de la crise.

Les capitalistes, patrons et actionnaires accumulent des milliards depuis des années, il faut réduire leurs profits pour créer des emplois et augmenter les salaires et les pensions.

C’est une illusion de croire que les gouvernements servent les intérêts de tous. Dans une société où une minorité s’enrichit sur le dos de la majorité de par sa propriété sur les entreprises et les capitaux, il y a d’un côté des exploiteurs et de l’autre des exploités. Et la minorité des riches mène une guerre sociale sans pitié aux travailleurs pour leur faire payer la crise de leur système catastrophique. Dans la société, il y a deux camps et les politiciens des grands partis servent le camp minoritaire qui exploite le camp majoritaire des travailleurs.

Face au patronat et à leurs serviteurs dans les gouvernements, à tout ce monde qui vit grassement sur leur dos tout en menant le monde à l’abîme, les travailleurs doivent poser leurs propres exigences et se préparer à les imposer par la lutte. C’est l’arrogance bourgeoise même qui finira par mettre le feu aux poudres.

Et n’en déplaise à Louis Michel, on pourra voir naître de ces luttes un gouvernement de travailleurs, de cheminots, d’infirmières et d’enseignants, contrôlé par les travailleurs eux-mêmes. Ce sera enfin un gouvernement qui tiendra compte des besoins de la population laborieuse au lieu des seuls patrons!